Les artistes

Serigraphisme0
Serigraphisme1
Serigraphisme2
Serigraphisme3
Serigraphisme4
Serigraphisme5
Serigraphisme6
Serigraphisme7
Serigraphisme8
Serigraphisme9
Serigraphisme10

Je reprends ici un article publié par le sérigraphe breton Dezzig, www.dezzig.com, car je l’ai trouvé très intéressant de par son approche plus contemporaine que les habituels articles sur la sérigraphie. Je me suis permise d’éditer certains passages pour une meilleure compréhension. Merci Dezzig pour ton beau travail!

Depuis 1960 avec Andy Warhol et Robert Indiana, Roy Lichtenstein puis Keith Harring dans les années 80, la sérigraphie d’art est enfin devenu le moyen reconnu pour produire des impressions de haute qualité artistique issues du Pop Art. Mais si, pour vous, la sérigraphie c’est juste Andy Warhol, ses soupes Campbell et autres Marylin, alors oubliez tout! La sérigraphie contemporaine a une nouvelle histoire et elle commence à New York et en Californie.

Aux États-Unis, la plupart des graphistes pratiquent la sérigraphie sur un coin de table, c’est une vraie religion. Des écoles comme la CalArts à Los Angeles ont participé à redonner tout son prestige à la sérigraphie artistique. Mais bien avant, le véritable renouveau de la sérigraphie américaine c’est son utilisation massive dans la publicité et la communication graphique avec Seymour Schwast ou Paul Rand dès les années 60, ainsi que son utilisation originale dans l’industrie cinématographique avec Saul Bass (Vertigo, West Side Story, The man with the golden arm, Anatomy of a murder…). Ces créateurs ont inventé un style intemporel et vertigineux de simplicité.

C’est à la culture skate qu’on doit ensuite l’évolution le plus marquante de la sérigraphie dans les années 80 puis 90: un style issu du surf, potache, rock, coloré et décalé. Elle réussit à ressusciter la pratique de la sérigraphie (sur planche et sur autocollant), la contrainte d’un nombre limité de couleurs imposant le choix de l’illustration: mélange de style cartoon, hip-hop, graff, art urbain, pochoir, mangas et messages contestataires. Plus tard, avec l’ordinateur, les graphistes californiens (de David Carson à Jon Sueda) ont ensuite donné naissance à un style plus métissé et un usage ludique ou plus savant de la typographie.

Après l’utilisation massive de la sérigraphie de propagande pendant la seconde guerre mondiale, la sérigraphie a suivi l’évolution de la publicité en faisant émerger de grands affichistes (Savignac, Morvan, Villemot, Pintori, Key, etc.). Cette production commerciale des années 50/60, quelque fois drôle et inventive, souvent désuète ou caricaturale, a donné définitivement à la sérigraphie le style “vintage” qu’on retrouve aujourd’hui.

 Adam Hill, designer graphique vivant à Cape Town, compose des affiches au style très rétro sous le nom de Velcro suit. Gary Taxali, un pur cartooniste canadien au ton subversif, propose des illustrations à l’encrage faussement vieilli et abîmé et aux couleurs passées: impossible de faire plus vintage. Depuis 1996, une nouvelle forme de propagande prend vie dans les mains de Shepard Fairey sous forme d’affiches qui interpellent le chaland d’un slogan unique: OBEY. Pour déjouer la suprématie des marques (en imposant la sienne), il a créé sur le site obeygiant.com une étonnante collection de visuels très élaborés sous forme de stickers, de pochoirs et d’affiches sérigraphiées.

Le design typographique
Même si la célèbre Helvetica doit beaucoup au mouvement Bauhaus à partir de 1919, l’utilisation d’éléments typographiques en noir et blanc ainsi que le style raffiné et strict, prédominant dans le graphisme années 70, continuent d’exercer leur influence aujourd’hui. De fait, la typographie est devenue une expression graphique à part.

L’américaine Paula Scher, en rejoignant Pentagram à partir de 1991, n’a cessé de juxtaposer photographie, lettres et couleurs vives avec un style très pop. Ses affiches et ses compositions typographiques, puissantes et sophistiquées, sont une référence de par le monde. On trouve également chez Marian Bantjes ou dans la nouvelle génération, avec Jessica Hishe, une renaissance passionnée de la sérigraphie et de l’écriture calligraphiée. Seule ou mélangée à l’illustration chez Nate Williams ou Parra, on voit partout ce goût immodéré pour la typographie dessinée à la main.

L’affiche est rock
Un exemple célèbre est l’affiche de Milton Glaser en 1967, le “Bob Dylan insert album”, ou celle de Woodstock. Après la vague d’affiches psychédéliques dans les années 1960/1970, les t-shirts sont longtemps resté le support de prédilection de la sérigraphie. Aujourd’hui FlatStock est LE festival (aux États-Unis) qui regroupe depuis 2002 des centaines de “poster-makers” autour de la même passion pour la sérigraphie et la musique.

Lorsque Clay Hayes a créé GigPosters en 2001, il ne se doutait pas qu’il allait alors relancer la mode des affiches de concerts et créer un véritable engouement autour du séri-graphisme: le “Rock Paper Show” était né. GigPoster compte aujourd’hui plus de 8000 artistes designers, ce qui est un chiffre phénoménal…

 Le graphiste Jason Munn a, quant à lui, fondé le studio Small Stakes en 2003. Il s’est fait remarquer sans faire de bruit, et pourtant il a créé quelques 150 affiches de concert. Tous ses posters sont sérigraphiés à la main. Leur élégance et leur apparente simplicité ne cesse d’étonner et détonne dans l’univers des posters rock.

La French touch’
En France, la pratique du graphisme associée à la sérigraphie a toujours existé. Tout comme Cassandre (son affiche imposante du paquebot Normandie est une icône de l’ère industrielle), Raymond Savignac fait partie des grands affichistes français. Ses créations vont à l’essentiel: simples, colorées et drôles, elles sont universelles et font sourire jusqu’au début des années 80 comme c’est le cas de ses publicités pour Citroën.

Si la sérigraphie continue aujourd’hui d’exister, le renouveau de l’art populaire issu de mai 68 n’y est pas pour rien. A l’époque, ce procédé d’impression était rudimentaire et bon marché. C’est donc tout naturellement que les étudiants des Beaux-Arts l’ont utilisé pour diffuser leur propagande dans un style très reconnaissable et même détourné aujourd’hui par la publicité. De nombreux graphistes français comme le collectif M/M ou Philippe Apeloig ont su inventer un fourre-tout génial où l’on découvre une recherche permanente de l’équilibre entre les contraintes éditoriales et une certaine dose de délire typographique qui s’adapte parfaitement au «bricolage» sérigraphique.

On comprend bien que la sérigraphie est particulièrement adaptée aux illustrations (la bande dessinée l’utilise largement) ainsi qu’au graphisme. Tout comme dans le travail de Geneviève Gauckler, les grandes masses de couleurs donnent une certaine simplicité aux créations et le dessin au trait associé à un travail typographique forment le style typique des affiches faites pour la sérigraphie.

Vous pouvez trouver des affiches sérigraphiées sur de nombreux site tels que:

http://www.gigposters.com
http://methanestudios.com
http://jasonmunn.com
http://www.strawberryluna.com
http://www.luredesigninc.com
http://sergeantpaper.com
http://www.dezzig.com
http://www.harmenliemburg.nl
http://www.zeloot.nl